Quand
j 'étais petite fille
Dans une petite ville
Il y avait la fa mille
Les amis, les voisins
Ceux qui étaient comme nous
Puis il y avait les autres
Les étrangers, les drangers
C 'était l 'Italien, le Polonais
L 'homme de la ville d 'à côté
Les pauvres, les quêteux
Les moins bien habillés
Et ma mère,
bonne comme du bon pain
Ouvrait sa porte, rarement son coeur
C 'est ainsi que j 'apprenais la charité
Mais non pas la bonté
La crainte, mais non pas le respect
Des paysais au bout du monde
Je pense à vous, je pense à vous
Demain, ce sera votre re tour
Que ferez -vous ?
Que ferez -vous ?
Des pays gê nés au bout du monde
Je pense à vous, je pense à vous
Demain, ce sera votre retour
Que ferez -vous ? Que
ferez -vous ?
Aujourd 'hui, l 'étranger, c 'est moi
et quelques autres
Comme l 'arable noir,
l 'homme d 'ailleurs,
l 'homme de partout
C 'est un peu comme chez nous
On me regarde en souriant ou on se bifille
On change de trottoir quand on me voit,
on éloigne les enfants
Je suis rarement invité à leur table
Ils sen tent que j 'ai des
mœurs étranges
L 'âme aussi noire que le charbon
Je viens sûrement du bout du monde,
je suis l 'étrangère
On est toujours l 'étranger de
quelqu 'un
Dépaysé au bout du monde
Je pense à vous, je pense à vous
Demain ce sera votre retour
Que fe rez -vous, que ferez -vous
Des pays aigus au bout du monde
Je me prends à rêver, à rêver
A la chaleur, à la vitié
Au pain, à par tager,
à la tendresse
Croyez -vous qu 'il soit possible
D 'inventer un monde
où les hommes s 'aiment entre eux
Croyez -vous qu 'il soit possible
D 'inventer un mon de
Où les hommes soient heureux
Croyez -vous qu 'il soit possible
D 'inventer un mon de
Un monde amoureux
Croyez -vous qu 'il soit possible
D 'inventer un monde
Où il n aurait plus
D 'étrangers